Pour une poignée de rollers…
Les services secrets d’Interpol viennent encore une fois de boucler une grosse affaire. Après des mois de filature et des heures d’écoutes téléphoniques, ils ont démantelé un réseau de trafiquants de matériel de roller de vitesse qui s’en prenait aux détaillants et aux centrales d’achat et qui avait notamment braqué un convoi ferroviaire le mois dernier entre la France et l’Espagne.
Le commissaire Mc Split d’Interpol a la banane quand il évoque l’affaire, et il peut en effet être fier. “It doesn’t matter all the nights we spent to purchase these criminals; I’m hyper happy for having achieved this mission!” explique-t-il dans un anglais encore très influencé par ses mois d’enquête. Lui et son équipe ont en effet travaillé d’arrache pied, jour et nuit pratiquement, et ce pendant près de 18 mois, pour démonter et appréhender un gang qui s’était spécialisé dans le trafic de matériel de roller de vitesse.
D’après les informations que le commissaire a bien voulu divulguer, les trafiquants seraient au nombre de quinze, leurs réseaux ayant des ramifications essentiellement en Amérique et en Europe. Ils opéreraient depuis des années, mais de manière tellement diffuse et discrète qu’il n’a été possible de les identifier que très récemment.
Interpol impute à leur actif le détournement de centaines de jeux de roues en provenance des USA : « ils glissaient des roues dans les sacs des patineurs à leur insu pour éviter de payer les taxes à la douane, explique le commissaire, puis ils récupéraient la marchandise directement dans les aéroports européens, en court-circuitant les douanes de l’UE ! » Egalement, le gang aurait mis sur le marché des combinaisons intégrales soi-disant destinées au roller de vitesse, mais facilement identifiables à cause d’un défaut : elles étaient toutes équipées de peau de chamois…
Mais l’erreur fatale qui a permis à Mc Split et ses hommes de boucler cette affaire, c’est l’attaque, façon Far West, d’un convoi ferroviaire, le mois dernier entre la France et l’Espagne. « Le gang a fait preuve d’amateurisme, explique le commissaire : le convoi comprenait une vingtaine de wagons, dont certains contenaient des produits de luxe (montre et ceintures de grandes marques, parfums, bijoux…). Il n’y avait qu’un seul wagon attribué à du matériel de roller, et c’était le numéro 4… Or, c’est le numéro 3 qui a été vidé ! » Les desperados ont imaginé bloquer le convoi à la sortie d’un tunnel, dans une vallée des Pyrénées, avec des troncs d’arbre comme dans les meilleurs westerns. Apparemment, ces bandits de grand chemin ont cependant confondu les wagons : le numéro 3 ne contenait que des lunettes Ban-Ray ! Ils s’en sont d’ailleurs aperçus immédiatement car les lunettes ont été retrouvées dans la nature… Avec de belle empruntes sur les verres !
« Comme nous les suivions aussi sur ce braquage, il nous a ensuite été facile de les confondre : nous avions des photos et des preuves intangibles, à savoir leurs traces de doigt ! » Le commissaire sourit fièrement, et il a de quoi. Grâce à lui, les prochains championnats du monde à Gijon pourront donc se courir normalement : le convoi ferroviaire y acheminait en effet les roues et les roulements de plusieurs délégations européennes !

Le train arrivera bien à Gijon finalement... Ouf !