Pouvoir d’achat

Publié le par Vincent Esnault

Oui, je sais, ce n’est pas bien, quand on fait du sport, de parler politique. De prendre parti, de s’engager, au risque de se faire carrément ficher… Et de perdre le soutien de Monsieur le maire, du Conseil général, ou pire, du Ministre : n’y pensez pas. Les sportifs sont tous un peu des navigateurs : ils ont appris à louvoyer !

Mais voilà, il y a des sujets de société par-dessus lesquels on ne peut pas sauter aussi facilement que quand un patineur se casse la figure devant soi, si vous voyez ce que je veux dire… Et LE sujet dans l’air du temps, c’est celui du pouvoir d’achat ! Il fallait bien que le monde du roller tombe dedans un jour ou l’autre.

Le seul souci, c’est que d’un autre côté, il ne s’agit pas ici de rédiger un article barbant, encombrant, partie prenant, voire même intransigeant, sur le sujet… En bon sportif, il faut toujours savoir louvoyer, vous savez…

Alors pour parler du pouvoir d’achat, j’ai quelque peu tergiversé, puis j’ai trouvé la solution : tout convertir en roues de roller, pour avoir une comparaison. J’en avais dix dans mes poches – qui sont très, très larges, comme vous pouvez l’imaginer – quand je suis sorti ce matin. C’est à peu près l’équivalent de 120 euros au cours actuel du marché du polyuréthane. Et bien quand je suis rentré ce soir, je n’en avais plus une seule ! 

Tout ça parce que je me suis d’abord arrêté pour faire un plein d’essence (quatre roues). J’ai dû ensuite traîner six roues toute la journée pour les besoins de cet article, et je vous jure que c’est bien la dernière fois : si vous tentez un jour cette expérience, vous verrez combien le regard des autres est pesant quand ils le fixent sur vos poches complètement déformées ! 


Le soir venant, en rentrant du boulot, j’ai dû passer par la superette (je déteste la foule des supermarchés), où j’ai encore lâché trois roues à la patronne toute éberluée contre un panier à moitié rempli… Enfin bref, je vous passe les détails !

J’étais tranquillement sur le chemin de la maison, cinq roues en poche, et finalement assez content : cette histoire de pouvoir d’achat, franchement ! Avec cinq roues en poche, tout tourne rond sans aucun problème. Oui mais voilà, le malheur fit que sur la route, je passais devant une librairie : mauvaise idée… A peine entré, je commençais à parcourir les rayons de manière compulsive. Et c’est avec deux livres en main que j’en sorti – mais sans une roue !

C’était donc vrai, cette histoire de pouvoir d’achat. Pour un patineur, chaque jour coûte donc dix roues ! Ah moins de rogner sur une part ou de se priver de quelque chose… Mais franchement, je ne vois pas quoi !

 

PS : merci au pompiste, à la patronne de la superette et au libraire d’avoir bien voulu jouer le jeu. Ca n’a pas été facile de les convaincre…

 

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Publié dans Free Zone

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