Histoire secrète de l’entretoise

Publié le par Vincent Esnault

Il faut parfois faire preuve de courage pour mettre à jour des vérités qui dérangent. Mais ce n’est pas tout : il faut aussi être capable de soutenir des allégations, de s’assurer des sources solides et fiables et de les porter, le plus longtemps possible… L’histoire qui suit pourrait bien nuire à notre sport, mais la vérité passe en premier. Les conséquences seront ce qu’elles seront : l’important est avant tout de ne plus rien cacher. Transparence, voilà le mot ! Transparence, au bout de plusieurs années d’enquête.

 

            Pour commencer, il faut se poser les bonnes questions : qui s’est un jour penché sur l’histoire de l’entretoise ? L’histoire secrète, pour être plus précis… Qui s’est un jour demandé ce que cette petite pièce cachait vraiment, outre qu’elle représentait le lien essentiel entre les deux roulements ? Et surtout, qui aurait cru que cette histoire dissimulait en vérité l’un des plus importants trafics de Granulonium 35 de ces dernières années ?

            Soyons clair, l’histoire secrète de l’entretoise semble prendre racine dans les confins brumeux du Nord de l’Ecosse à la fin du XVIIIème siècle : au pays des jupettes à carreaux et des moutons des basses terres, un inventeur malicieux, Erin Mc Culoch, a l’idée saugrenue d’usiner la petite pièce qui manque pour faire avancer plus librement les roues des patins : Merlin, le père du patin, l’aurait même surnommé « le magicien »… Prémonitoire, car l’entreprise Mc Culoch est devenue, quelques années plus tard, une devanture presque officielle de la pègre de Chicago. Et vous allez comprendre comment.

                                  Ewan Mc Culoch, l'arrière petit-neveu d'Erin Mc Culoch

            C’était dans les années 1920, au temps de la prohibition : les entretoises servaient alors aux mafieux de paravent au transport du whiskey interdit entre l’Ecosse, où il était distillé, et les Etats-Unis, où il était distribué. Comment s’y prenaient-ils ? Simple : les entretoises étaient immergées dans des bouteilles remplies du précieux liquide et passaient la douane sous l’estampille : « Mc Culoch entretoises », au culot ! Les autorités aux frontières n’y voyaient que du feu : obnubilées qu’elles étaient par la brillance des petites pièces, elles laissaient passer les bouteilles pleines de l’alcool interdit. C’est ainsi que, croulant sous les entretoises, les Etats-Unis sont devenus, presque par défaut, l’un des premiers pays pour les compétitions de roller…

Au départ interloqués par cette entreprise improbable, les mafiosi italo-américains ont ensuite rapidement senti le coup : l’entretoise était devenue le vecteur idéal à toute sorte de trafics entre les Etats-Unis et l’Europe, du chocolat sans cacao (voir l’affaire Chocapoc qui défraya la chronique au début des années 60) aux transistors miniatures made in Québec (rappelez-vous de l’affaire Rocher Voisin couplée à l’importation de chanteurs à grosses voix venant de la Belle Province depuis la fin des années 80).

Le cœur de cet article n’est certes pas de rappeler les problèmes gastriques rencontrés par les consommateurs de chocolat sans cacao, ni les effets collatéraux de l’écoute prolongée de « castafiores » déglinguées qui réveillent des caribous en pleine hibernation… Le cœur de cet article nous renvoie tout simplement au dernier épisode du trafic d’entretoises, qui date du début des années 2000, quand les importateurs de rollers se sont mis à chercher le matériel le plus léger et le plus solide possible. Sous couvert d’avancées technologiques révolutionnaires, les pseudo-fabricants américains ont inventé un alliage de métal et de Granulonium 35 pour fabriquer leurs entretoises. Selon nos sources, 90% des entretoises en service actuellement auraient été fabriquées selon cet alliage !

Une question demeure à présent : quel est donc ce Granulonium 35 que nous avons évoqué plus haut ? Inconnu du grand public, la molécule a en revanche été étudiée depuis longtemps par les scientifiques de l’Université de Berkeley (Californie), qui lui prêtent des vertus relaxatives et durabilisantes pour les sportifs. De là à dire que le roller rendrait heureux et qu’il entretiendrait ceux qui en font et pour longtemps, il n’y a qu’un pas, que notre enquête nous a d’ailleurs permis de franchir allègrement.

Attention cependant ! Ces mêmes scientifiques que nous avons sollicités nous ont formellement mis en garde contre toute tentative d’ingestion des entretoises : il est inutile de les avaler pour prétendre profiter de leurs vertus car seul leur contact suffit… Alors messieurs dames, un seul conseil, roulez, et roulez encore ! Quant à savoir pourquoi des mafiosi américains ont ainsi voulu répandre le bonheur et la longévité dans la population des patineurs de vitesse… Apparemment, il s’agirait d’une vengeance de leur part envers les autres sports majeurs qu’ils n’ont jamais pu soutenir officiellement en tant que sponsors – et pour cause, vous imaginez le tollé ! Mais sur ce point, toutes les hypothèses restent en suspend…

Publicité

Publié dans Free Zone

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article