Saison des transferts
A l’heure du mercato, les seules infos qui nous parviennent sont toujours assez laconiques : untel va peut-être changer de team, un autre va rester, celle-ci a décidé de tout arrêter, et l’autre pense que c’est le moment de revenir… Bref, le bal des communiqués officiels alimentent les conversations pendant des semaines, voire des mois. Le plus ironique, c’est que tout le monde pense que les négociations qui gravitent autour des patineurs pros sont des plus sérieuses, des plus épiques. Quand on connaît le détail des coulisses, on en rigole…
Tient, rien que l’hiver dernier, le plus gros des transferts s’est accompagné de discussions qui ont duré un mois et demi. Durant ce laps de temps, le coureur, son agent et le recruteur de sa future équipe [nous ne nommerons personne bien évidemment] ont eu le temps de s’échanger des dizaines de coups de fil, et de se voir deux ou trois fois. Alors bien sûr, il était question du salaire, des courses à faire, de celles à éviter, etc. Tout ce qu’il y a de plus banal en somme. Dans le secret des alcôves, personne ne sait que ces discussions ont failli échouer très souvent. La faute à quoi ? Rien, ou presque… Juste que l’agent et le recruteur ne parlaient pas la même langue : quand l’un évoquait le calendrier de la saison suivante, l’autre pensait que l’athlète voulait inclure deux voitures de fonction dans les termes du contrat…
Mais ce n’est rien encore comparé à cette autre histoire, survenue dans la même période d’ailleurs. Pour empêcher un rival de constituer une équipe avec deux sprinters et deux rouleurs, figurez-vous qu’un team manager n’a pas trouvé mieux que de divulguer (discrètement bien entendu) des informations sur l’état de santé desdits patineurs. Le doute étant le pire des ennemis dans le sport de compétition, les transferts ont capoté… Sauf pour le team manager affabulateur, qui a récupéré le lot ! La saison étant en cours, nous ne dirons pas encore si son opération a été fructueuse…
Une dernière anecdote pour finir, qui détendra l’atmosphère. C’est l’histoire d’un patineur qui s’est amusé à gonfler son CV – ce qui se fait couramment dans d’autres métiers, quand on veut monter dans la hiérarchie. Mais, et c’est là que c’est tordu, il l’a gonflé « à l’envers ». Marre des courses, marre des voyages, ne sachant plus quoi faire de ses milliers d’euros gagnés. Et surtout, une grosse envie de changer de cap et de revenir à son métier d’origine, celui de magicien. On peut le dire maintenant, puisque le CV en question a été publié dans le magazine officiel des transferts du roller : l’athlète en question avait rajouté des lignes expliquant le détail de ses courses. Quelques extraits… Lors d’une course sur circuit en Suisse, il aurait bien pris le départ, puis aurait attaché sa puce électronique sur le bras d’un de ses coéquipiers : après s’être reposé les trois-quarts du marathon, il aurait ressurgi à deux tours de la fin, récupéré sa puce, et serait allé sprinter vaillamment avec le paquet, empochant au passage le gain de la troisième place ! Plus biscornu encore : ce même patineur aurait mis au point un petit moteur à énergie thermo-calorique qu’il serait parvenu à intégrer dans quatre de ses roues (les deux de l’avant et les deux de l’arrière). Il aurait ainsi pu finir quatre marathons d’affilé, pas les moins côtés au passage, et dans 50% des cas sur le podium ! La vérité, c’est que toutes ces histoires, le patineur en question les avait inventées. Mais son team manager n’y a vu que du feu, et l’a renvoyé sur le champ ! Lui est reparti, forcément… Avec un large sourire sur le visage : son dernier tour avait parfaitement marché !

Ce magicien-là n'aurait de toute façon pas pu réaliser une grande carrière en roller...