Interview Alexis Contin : " je ne me donne pas de limite ! " (1ère partie)

Publié le par Vincent Esnault

Alexis Contin a tout gagné sur les roulettes : des titres et des maillots (de champion de France, d’Europe et du monde), des courses internationales (les Trois Pistes pour ne citer que celle-là), mais aussi des marathons de la World Inline Cup (Rennes et Nice par exemple). Et puis, depuis la fin de l’année 2005, le Malouin est parti se confronter aux meilleurs mondiaux sur la glace. Il revient d’ailleurs sur ces deux dernières années de marathons aux Pays-Bas et de coupes du monde… Mais si Alexis a accepté de répondre à nos questions, c’est aussi et surtout pour annoncer son retour sur les roulettes. Attention cependant, que les choses soient bien claires : il ne revient pas au roller pour arrêter la glace. Comme il le dit lui-même : « je vais faire une saison un peu comme celles de Tristan, avec un peu plus de roller mais aussi des marathons sur glace aux Pays-Bas… »

 
 
Bonjour Alexis. Tu as décidé de te consacrer pleinement à cette saison de roller 2008 qui commence : peut-on parler de retour aux sources ?
Un retour aux sources, oui et non… C’est vrai, je vais faire un peu plus de roller que durant ces deux dernières années. Mais je ne vais pas faire une saison complète comme en 2005, où j’avais enchaîné la WIC puis les championnats. Cette année, je vais m’entraîner plus sur les rollers pour retrouver ce qui a fait ma force. J’étais dans une équipe professionnelle de grande piste depuis 2006, donc j’avais mis le roller un peu de côté... Mais ça me manquait trop ! Mon retour n’est pas du tout un choix par défaut, mais bel et bien une décision réfléchie : je pense avoir besoin du roller pour réussir sur glace. Cet hiver, ça a été un peu plus dur pour moi : j’ai patiné en dessous de mon niveau. Et même si ma transition à la glace n’est pas un échec, il me fallait repenser ma façon d’aborder ma préparation. Je n’ai pas le même vécu qu’un patineur sur glace classique, donc je pense que je dois utiliser ce vécu et non le combattre en essayant de patiner et de m’entraîner comme un vrai patineur de glace.
 
 
En fait, tu n’as jamais vraiment arrêté le roller…
C’est vrai : j’ai toujours couru sur la WIC avec Powerslide. Mais je n’avais plus le niveau pour me battre devant et ça, c’est très frustrant. En gros, je passais toute la semaine à m’entraîner pour la glace et donc être prêt en octobre. Puis, quand toute mon équipe de glace allait passer un week-end tranquillement chez eux, moi j’allais courir en WIC. Je pense de toute façon que le roller est une très bonne préparation pour la glace, mais seulement si tu as le niveau et si tu prends plaisir sur les rollers. Je n’ai donc jamais arrêté totalement le roller. Mais bon, je pense que durant ces 365 derniers jours, j’ai dû les mettre au maximum 30 fois - contre 300 les années où je préparais vraiment la saison de roller !
 
 
Au moment où nous parlons, comment te sens-tu sur tes roulettes ?
Au moment où nous parlons, je viens juste de prendre un mois et demi de break durant lequel je me suis reposé et très peu entraîné… Donc je ne saurais dire comment je me sens sur les rollers, car je ne les ai pas encore mis. Je reprends l’entraînement doucement car même si la saison de glace a été courte pour moi, cela fait maintenant trois ans que j’enchaîne deux saisons dans une seule année. Il n’y a donc pas besoin d’être savant pour se rendre compte que si je ne me repose pas, il me sera impossible de revenir à mon meilleur niveau. La saison de roller est longue et quand tout le monde aura fini, il me restera tout un hiver à faire sur la glace : c’est la raison pour laquelle être prêt en avril me paraît suicidaire…
 
 
J’imagine que tu n’envisages pas un retour en demie-teinte…
J’ai fait deux saisons sans championnat ni distance classique ; j’ai donc pris beaucoup, beaucoup de retard. C’est vrai que je suis parti au sommet et il aurait été tellement plus facile de ne pas revenir et de se dire : « avant, j’étais vraiment bon ! » Les gens pensent que je reviens car je n’ai pas réussi sur la glace, mais ce n’est pas le cas ! Tout d’abord, je n’arrête pas la glace : j’ai signé dans une équipe de marathon sur glace de premier plan et j’espère bien faire une très belle saison sur glace cette année. Honnêtement, aujourd’hui, je ne sais pas quel niveau je vais avoir cet été : il y a des gars qui tournent vraiment bien en France ! J’ai par ailleurs beaucoup de choses à retravailler… Je sais ce qu’il faut faire pour être au sommet ; maintenant, combien de temps cela prendra, c’est une autre question ! Mais j’ai le temps : j’ai 21 ans et à mon âge, beaucoup n’ont pas encore été champion du monde. Moi, je l’ai déjà été quatre fois en roller et j’ai couru sur glace au plus au niveau !
 
 
alexis_contin_glace.jpg

Alexis vainqueur sur glace
Publicité

Publié dans Interviews

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article