Belle(s) bagarre(s) aux championnats de France piste : Valence d’Agen révèle beaucoup de prétendants !

Publié le par Vincent Esnault

Un soleil radieux – voire même assommant – et une piste impeccable. Une organisation bien rôdée et des athlètes très motivés. Voilà pour les ingrédients des championnats de France piste 2009. Mais font-ils de bonnes recettes ? La réponse est « oui », définitivement. Même si l’on peut regretter qu’il n’y ait jamais assez de spectateurs, on peut dire qu’ils ont été enthousiasmés par la qualité du spectacle, et notamment du suspens… Les courses ont en effet révélé des podiums surprenants, voire introuvables ! Et beaucoup de prétendants aux places en équipe de France...

 

 

A commencer par ceux des vitesses chez les Elites. Il faut dire qu’il y a pléthore de prétendants à la victoire, que ce soit au 300m ou au 500m d’ailleurs ! Celui du chrono n’a pas froid aux yeux et a su parfaitement géré la pression : le « rooky » Gwendal Le Pivert (RS Guingamp) a donc confirmé, après son titre sur route, qu’il était le plus rapide cette année. Il a relégué Kévin Gauclin (ALVA) et Julien Despaux (RS Grenade-sur-Garonne) aux deux autres marches du podium.

 

Mais ses contradicteurs ne manquaient pas sur la liste : outre les deux nommés, des coureurs rapides comme Thomas Boucher (ALSS), Alexis Contin (LSC), les frères De Souza (Chambéry), Florian Lefèvre (RPM Poli) ou encore Nicolas Pelloquin (CPRM) attendaient leur tour… Il est venu au 500m, du moins pour les finalistes : et dans une bagarre à quatre digne des plus belles séquences de passage de relais, Alexis Contin allait décrocher un titre au bout (du bout) de son lancé de patin. Le Levalloisien était pourtant bien mal parti (en quatrième position), mais il a su profiter des doublements et des redoublements de ses adversaires. Pelloquin terminait en argent, Boucher en bronze, et Gauclin sans rien.

 

La simple lecture des résultats confirmait que, chez les femmes aussi, la lutte était chaude. Pour ce qui est du chrono, les deux Aurélie ont fait jouer la « solidarité prénomistique » : Duchemin (ALC Bouguenais) devant Etienne (POL Longjumeau), dans un mouchoir. La troisième n’est pas la moins rapide, puisque c’est la locale Aurore Schiro (ALVA). Cette dernière prenait d’ailleurs sa « revanche » en finale du 500m, face à d’autres adversaires, Ophélie Carrère (RS Grenade-sur-Garonne) et Sophie Beaujot (Saujon Roller 17) : on ne peut pas dire que cette finale aura été aussi serrée que celle des hommes, mais elle a montré la maîtrise technique et l’engagement physique des trois nommées pour le podium.

 

La chaleur joue un rôle clé

 

               Les courses de fond (on peut y inclure l’américaine) ont été tout aussi surprenantes, dans le sens où les podiums ont parfois mis du temps à se décider. C’est signe que le niveau, sans être forcément totalement homogène, est très relevé, et que les circonstances de course peuvent peser énormément. Et parmi celles-ci, la chaleur aura certainement joué un rôle clé : on a vu de nombreuses défaillances, notamment lors des courses à points, et il a fallu que les patineurs gèrent cette fatigue supplémentaire pour confirmer.

 

 

Les deux champions du monde français s’en sont eux plutôt bien sortis. Peaufinant leur travail d’équipe pour les prochains rendez-vous continentaux et mondiaux, Alexis Contin et Yann Guyader (ASTA de Nantes) ont appliqué un « gentleman’s agreement » sur l’élimination (où le second ouvrait la voie au premier) et sur la course à point (où le premier renvoyait l’ascenseur au second). Du coup, le suspens et le spectacle était ailleurs, focalisé sur l’attribution des accessits.

 

Sur l’élimination pour commencer, Benjamin Douchin (RAC Saint-Brieuc) tentait un coup de poker à deux tours de la fin, mais c’était trop loin pour le Breton. Puis ce fut à Ewen Fernandez (Les Patineurs d’Herbauges) d’aller décrocher la cuve à 300m de la ligne – encore trop loin. Le plus jeune des finalistes, mais aussi le plus patient, Brian Lépine (ALSS) saisissait sa chance à la cloche : bien lui en a pris puisqu’au final, il prenait l’argent devant Fernandez.

 

La course à points s’est jouée en deux actes. Une fois Yann Guyader assuré de son titre (20 points dans son escarcelle), le Nantais se rangeait en queue de paquet et laissait faire les chasseurs de podium. La course devint alors très intéressante, les échappées succédant aux contres. Deux hommes ont tenté leur chance et ont été récompensés : Maxime Provost (ASTA de Nantes) et Jean-Bernard Péridy (POL Longjumeau). Le premier nommé confirme son rang, puisqu’il avait déjà décroché une belle médaille au France route, alors que le second est sorti vers la fin de la course et a résisté (presque) jusqu’au bout : au final, Péridy devient vice-champion de France et Provost troisième.

 

Pouydebat et Peruzzetto : des médailles prometteuses

 

C’est peut-être dans les courses féminines que la chaleur a révélé le plus visiblement les défaillances – sans doute parce que le paquet, moins fourni que celui des hommes, ne permettait pas de se cacher. Laetitia Le Bihan (GROL) faisait figure d’épouvantail, mais elle se fit déborder par Cindy Etonno (ALSS) sur l’élimination (Etonno en or, Le Bihan en argent et Duchemin en bronze).

 

La seule représentante française aux Jeux Mondiaux décida donc d’assurer clairement le lendemain, sur la course à points : non seulement elle sprinta sans relâche, mais en plus, elle se permit le luxe de décrocher toutes ses adversaires – sauf la jeune Juliette Pouydebat (Pibrac RS). A l’arrière, on finissait une par une, en jetant ce qui restait de force sur la piste, ou presque ! Et malgré une place moyenne au scratch, Lucie Peruzzetto (Valence RS) prenait la troisième médaille : une belle récompense pour une autre jeune patineuse prometteuse, mais aussi pour le club organisateur ! La preuve que le niveau augmente chez les Elites femmes, c’est que d’autres favorites, comme les sœurs Halbout (2APN Avon) par exemple, sont reparties bredouilles de Valence d’Agen.

 

Reste une course un peu en dehors des classements officiels, mais pas la moins intéressante : l’américaine. Au départ ce celle-ci, les équipe du Sud-Ouest et de la Bretagne semblaient tenir la faveur des parieurs. Mais la deuxième nommée devait baisser pavillon suite à une chute lors d’un relais. Tant et si bien que le trio du Sud-Ouest (Kévin Gauclin, Joris Gardères et Aurélien Roumagnac) s’envolait vers le maillot tricolore à toute allure. Derrière les solides leaders, la sympathique équipe de Longjumeau (Pierre Laurent, Pierre-Yves et Jean-Bernard Péridy) prenait l’argent, sous la pression des solides sprinters de l’USMV (Pierre-Adrien Gonzalez, Christopher Duval et Benoît Le Sabazec), finalement troisièmes.

Publié dans Reportages

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