Roller Marathon de Dijon : Bolanos surprend les Français, Petitprez sur les Champs-Elysées

Publié le par Vincent Esnault

Plus de 120 athlètes Elites et Nationaux ont pris le départ du huitième Roller Marathon de Dijon dimanche dernier. Il avait plu la matinée et même le midi, mais à partir de 14h30, les nuages semblaient s’éloigner des Allées du Parc. Pourtant, la menace était toujours là, et les choix de roues déterminant pour la course. Au final, les deux marathons, féminin et masculin, se sont courus sur le sec. Et les Français ont encore une fois particulièrement brillé : chez les femmes, la Bisontine Anne-Sophie Petitprez (ASEB) remporte la victoire au nez et à la barbe des sprinteuses Sud-américaines ; chez les hommes, trois Tricolores ont pris part à l’échappée décisive, mais c’est l’Equatorien Jorge Bolanos (Bont Ecuador) qui gagne la course.

 

Le calendrier est parfois surchargé… Le Roller Marathon de Dijon entrait cette année en concurrence avec la WIC d’Incheon (Corée du Sud). Si bien que quelques uns parmi les meilleurs patineurs mondiaux avaient pris l’avion pour le pays du Matin Calme, pour délaisser la capitale de la Bourgogne. Néanmoins, le listing de départ de la huitième édition de la classique dijonnaise laissait entrevoir une course débridée : les Français étaient là en masse, évidemment, mais aussi des Suisses, des Allemands, des Colombiens, des Vénézueliens et quelques autres nations de grands patineurs (Belgique, Nouvelle-Zélande, Argentine, Equateur…).

Les femmes décident de prendre en départ sur un faux train, histoire de désorienter les plus incisives : le peloton suit les à-coups de celles qui veulent échapper à un sprint massif, si bien qu’au bout de six tours, le peloton de tête ne compte plus qu’une vingtaine d’unités. Mais pas n’importe qui : parmi les plus rapides au sprint, la Belge Hilde Goovaerts (Cado Motus), l’Argentine Andrea Haritchelhar (Matter) ou encore sa coéquipière, la Colombienne Liliana Holungin.

Il reste encore quatre Françaises dans ce premier paquet : Laetitia Le Bihan (Sarthe.Loops Racing), Justine Halbout (2APN Avon), Chrystelle Bouchet (ASTA de Nantes) et Anne-Sophie Petitprez (ASEB). Les deux premières nommées sont aussi parmi les favorites en cas de sprint, donc elles attendent l’arrivée, essayant d’économiser au maximum leurs forces. La dernière n’est certes pas la plus rapide, mais c’est la plus maligne !

 

Petitprez s’ouvre une large avenue

L’année dernière déjà, à l’occasion des championnats de France de Grand Fond, Anne-Sophie avait profité d’un moment de flottement dans le peloton pour s’échapper seule : elle n’avait jamais été reprise et avait décroché son premier maillot tricolore. « Là, je voyais que depuis deux tours, les filles avaient levé le pied pour préparer le sprint : elles se regardaient, alors j’ai tenté un coup de Trafalgar… » La Bisontine décide de sortir au bluff, à un tour de l’arrivée. Derrière, ça se regarde. Trop. L’écart se creuse : 50m, puis 100, presque 200. Anne-Sophie est déterminée et ne lâche aucune parcelle de terrain. Elle est tout simplement en train de s’ouvrir une large avenue vers sa première victoire sur une course internationale. De vrais Champs-Élysées !

Sur la ligne, Anne-Sophie Petitprez garde à peine deux secondes d’avance sur sa seconde, Liliana Holungin (1h13’43 contre 1h13’45). Mais elle a pris le temps de se relever et de lever les bras pour remercier la foule et savourer sa victoire. La Colombienne Kelly Martinez (Bont IDRD) complète le podium à la troisième place. 

La course des hommes a été ponctuée de nombreuses attaques, dont certaines auraient pu être fatales au peloton. Mais à cinq tours de l’arrivée, tout semble être rentré dans l’ordre. L’ordre ? C’est, selon toute logique, que le Roller Marathon de Dijon s’achève sur un sprint massif, vu qu’a priori, il est assez difficile de lâcher un peloton. Mais plusieurs fois déjà, l’histoire de cette course a été ponctuée d’exceptions à la règle. Rien que l’année dernière, Matthieu Boher avait réussi à sortir seul pour aller chercher la victoire.

 

La vague venue des Caraïbes

En parlant de Boher, le leader du team RPM Poli est en forme actuellement. A quatre tours de l’arrivée, il était d’ailleurs aux avant-postes, épaulé par son coéquipier Julien Sourisseau, par le Nantais Benjamin Douchin (Renard Inline) et par l’Equatorien Jorge Bolanos (Bont Ecuador). Ces quatre-là semblaient partis pour jouer un mauvais coup au paquet de poursuivants…

Tandis qu’à l’arrière, la chasse peine à s’organiser, chaque homme du quatuor de tête tire de gros bouts. Ils semblent d’ailleurs tous tenir le bon : à la cloche, il leur reste encore facilement 300m ; à la sortie du dernier virage, la horde est à leur trousse… Mais c’est trop tard ! Car devant, le sprint est lancé pour la victoire : Julien Sourisseau semble un moment avoir la faveur des pronostics, mais il est dépassé par la vague venue des Caraïbes, Jorge Bolanos : l’Equatorien allonge ses grandes jambes au maximum et s’arrache du trio bleu-blanc-rouge. Matthieu Boher tente bien aussi d’allonger son énorme foulée, mais rien n’y fait : il ne peut que prendre la deuxième place, juste devant Sourisseau et Douchin.

Alors que Bolanos lève les bras tout sourire, DJ Nation (Matter) règle le peloton. Nous sommes dix secondes après le sprint des échappés et le paquet se pointe déjà ! Pour évaluer la performance, il ne reste plus qu’à jeter un coup d’œil au chrono : 1h et 17 secondes pour les premiers, 1h et 25 secondes pour le paquet. Ca donne du 42km/h de moyenne, soit l’un des trois marathons les plus rapides de la saison !

Publié dans Reportages

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