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Mercredi 6 février 2008 3 06 /02 /Fév /2008 15:04
Tu auras les pieds dans deux pays cette saison : est-ce une situation que tu as choisie ?
Oui effectivement, c’est ce que j’ai choisi et cela me semble un bon compromis. Je vais courir un peu aux Pays-Bas tout en étant libre de ma préparation pour les championnats. Je pense que c’est une situation toujours plus confortable que celle des athlètes qui se trouvent dans une équipe internationale et qui parcourent le monde chaque week-end. Néanmoins, je ne connais pas encore mon programme exact : je pense qu’il dépendra de ma forme.
 
 
Imaginons que nous soyons déjà en octobre et que nous dressions le bilan de ta saison 2008 : quelle serait-elle dans l’idéal pour toi ?
Au niveau du roller, mes objectifs cette saison sont focalisés sur les courses classiques : je ne vais courir que quelques WIC et juste pour ma préparation. Bien sûr, j’ai des rêves plein la tête : je pense que quand on vient d’où je viens, si je disais que je vise une deuxième place, ça serait mentir et être hypocrite. Cette saison va être dure car je repars de zéro… Mais j’espère faire un beau championnat d’Europe. Pour ce qui est d’une éventuelle sélection aux championnats du monde, je verrai en fonction de ma progression et du niveau de mes concurrents français. Mais je ne me donne pas de limite pour cette saison de roller. Je vais tout faire pour être au top ! Maintenant, on verra si j’ai besoin de plus de temps pour revenir ou pas….

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Tu nous as « quitté » un moment pour assouvir tes rêves sur glace : comment cela s’est-il passé ?
Je suis parti sur glace au début de l’hiver 2005 pour voir si j’avais le niveau. Au bout d’une semaine, je gagnais ma première course en marathon dans la catégorie B ! La Fédération néerlandaise m’a laissé courir en A exceptionnellement, après quatre victoires et une chute sur cinq courses en B. Le premier week-end en A, je gagnais une course de 60 tours, et deux semaines plus tard, un marathon de 125 tours devant Cédric Michaud et Jan Maarten Heideman (à l’époque premier et deuxième du classement général). A partir de là, j’ai été contacté par de grandes équipes, que ce soit en marathon ou en grande piste. J’ai décidé de rejoindre l’équipe de grande piste DSB, entraînée par Jac Orie. Le premier hiver sur la grande piste s’est plutôt bien passé : j’ai gagné une coupe du monde dans le groupe B sur 5000m et je progressais bien tout au long de la saison, malgré une grosse fatigue à partir de janvier. La deuxième saison en grande piste se présentais très bien : le week-end avant la première coupe du monde, j’avais amélioré le record de France du 3000m de 5 secondes en 3’46, ce qui est un bon temps. Mais le jour de la coupe du monde, j’ai eu un coup de moins bien et j’ai finalement bouclé le 5000m en 6’31, très loin de mes espérances. Lors des autres coupes du monde, j’ai progressé… Mais je me trouvais encore à plus de 5 secondes des meilleurs mondiaux sur 1500m : j’ai considéré qu il fallait changer quelque chose et être réaliste. Le risque est toujours d’apprendre à perdre et de se dire que c’est normal d’être 40ème au classement mondial. J’ai donc décidé d’arrêter ma saison à la moitié du chemin car je voulais faire les choses différemment. Je ne doute pas que je puisse réussir sur glace, mais cette saison, je me battais avec les mauvaises armes !
 
 
De toute façon, on apprend toujours d’une telle expérience, non ?
Oui, c’est sûr ! Je me suis entraîné avec des champions olympiques, un entraîneur à la pointe des nouvelles méthodes d’entraînement. Sur la glace, patiner dans l’équipe de Jac Orie, c’est un peu comme jouer au Réal de Madrid au foot. J’ai vu ce que c’est que de faire un sport professionnel avec des gros budgets. J’ai côtoyé des stars, mais pour moi, ce n’est pas la finalité du sport. Trop de gens ont pour objectif d’être dans une équipe pro ou d’aller aux JO… Moi, je fais du sport pour gagner des courses et pour prendre du plaisir. Et je ne prends pas de plaisir quand je finis 40ème d’une course, que ce soit sur une petite course en roller ou aux championnats du monde sur glace devant 12 000 personnes.
 
 
En guise de conclusion, peux-tu nous dire si la glace est définitivement brisée ?
La glace n’est définitivement pas brisée, bien au contraire… Les gens oublient l’âge que j’ai je pense ! Comment dire à un athlète de 21 ans que son rêve est brisé et qu’il ne pourra pas ou plus gagner ? Ma carrière est devant moi…

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Merci Alexis et bonne saison 2008 !
Par Vincent Esnault - Publié dans : Interviews
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