Interview Jean-Bernard Péridy : « Je ne voulais pas rater ma saison ! »

Publié le par Vincent Esnault

Il le dit lui-même : Jean-Bernard Péridy ne voulait pas rater sa saison… Maintenant qu’elle est close, on peut plutôt dire qu’il l’a très bien réussie. Et pour cause ! Le Junior de Longjumeau est revenu avec cinq titres de champion de France, sans parler des accessits. Mais encore plus, « J-B » s’est parfaitement adapté au rythme des marathons Elites, puisqu’il a participé à la FIC 2007 au sein du team Renard Inline, allant jusqu’à flirter avec le Top Ten du classement scratch – y compris sur une étape de la WIC, en l’occurrence à Dijon ! Mais tout cela est loin d’être un hasard : Jean-Bernard patiner en effet depuis dix ans et, par le passé, il a déjà été champion de France, vice-champion d’Europe et neuvième du marathon des championnats du monde Junior en 2006… Le résident de Saulx-les-Chartreux, en région parisienne, a bien voulu tirer le bilan de sa saison 2007 et anticiper sur celle de 2008.

 

Bonjour Jean-Bernard. Tout d’abord, félicitations pour cette victoire au classement général de la French Inline Cup en Junior !

Merci. En effet, cette année, je me suis beaucoup préparé pour les marathons : c'était un objectif que je ne voulais pas rater ! Je suis donc très content de cette victoire qui n'a été possible que grâce à mon équipe Renard et à l'ensemble de nos partenaires, que je remercie, sans qui je n'aurais pu participer à l'ensemble des marathons.

 

Tu as sans doute beaucoup appris cette saison sur les marathons. En quelques mots, peux-tu nous dire si le pas est difficile à franchir ?

En fait, il est plus facile de courir avec des Elites sur marathon que sur piste : en effet, l'effort est plus long mais moins intense. Ainsi, quelqu'un qui a du fond et un minimum de vitesse est capable de suivre le rythme des marathons. Je pense donc que le marathon est un bon moyen pour franchir le pas de Junior ou National à Elite. Pour moi qui n'avais pas l'habitude de courir les marathons, le plus dur a été de devoir rouler sous n'importe quelles conditions météo. En effet, on ne roule jamais sur une piste mouillée... C’est pourquoi j'ai eu beaucoup de mal à terminer la WIC de Rennes et la FIC de Nîmes, qui se sont déroulées sur des routes détrempées : dans de telles conditions, il est important d'avoir une équipe pour se motiver mutuellement ! C'est ce qui m'a permis de terminer ces courses…

 

Quel aura été ton meilleur souvenir sur les marathons de la FIC cette année finalement ?

Mon meilleur souvenir aura été la WIC de Dijon. Le circuit est très rapide : il procure d'excellentes sensations dans le faux plat descendent que l'on prend à prés de 60 km/h. De plus, j'ai eu la chance de m'échapper avec un groupe d'environs dix personnes à quatre tours de l’arrivée. Je me suis ainsi retrouvé entre les huit échappés de tête et le peloton. A l'arrivée, je termine troisième de mon groupe, ce qui m'a value la onzième place au scratch.

  

Ce qui est incroyable, c’est que tu domines également ta catégorie Junior…

Cette année j'ai obtenu cinq titres de champion de France, que ce soit au Grand Fond, sur route ou sur piste, sans compter les médailles d’argent (deux) et de bronze (une à l’américaine sur piste à Pibrac avec mon team Renard Inline).

  

Cela signifie-t-il que tu t’entraînes essentiellement sur piste, ou bien que tu varies tes entraînements ?

En effet, j'essaye de varier mes entraînements : je fais une sortie route tous les dimanches de 30km à 70km selon le moment de la saison et le reste de la semaine, je roule sur piste ou en gymnase. Cela me permet d'être un minimum polyvalent.

 

A la vue de tes performances aux Trois Pistes ou sur d’autres courses traditionnelles, on aurait tendance à croire que ta principale qualité est la vitesse. N’est-ce pas contradictoire avec l’effort prolongé des marathons ?

Depuis toujours, je fais des courses sur piste : ce sont des courses que j'aime car il y a beaucoup de mouvement. Mais c'est vrai que rouler sur piste demande plus de technique que de rouler sur route. Ainsi, l'entraînement sur piste est excellent pour travailler sa technique mais aussi pour travailler sa résistance. En effet, on peut aussi bien faire des exercices techniques que du fractionné. Ce que je travaille sur piste, ce sont des éléments que je peux ensuite utiliser sur route, après un petit temps d'adaptation, car il est vrai que l'on ne pousse pas exactement de la même manière sur piste que sur route. Franchement, je ne pense pas que l'on puisse progresser en marathon en ne faisant que de la route. D'ailleurs on peut s’apercevoir que ceux qui sont aux premières places des marathons sont en général des gens qui ont l'habitude de rouler sur piste (Yann Guyader, Thomas Boucher, Julien Sourisseau…). Alterner les entraînements sur piste et sur route est donc essentiel pour progresser en marathon. Ce travail est encore plus important pour moi qui dois essayer de compenser ma petite taille (1m60) par de la technique !

 

Projetons-nous en 2008 maintenant. Tu vas sans doute passer Elite…

Les FIC m'ont permis cette année de me comparer aux Elites. J'ai pu constater que mon niveau n'était pas loin du leur et c'est pourquoi j'ai demandé à passer en Elite l'année prochaine. Je vais en revanche avoir besoin de travailler mon sprint pour pouvoir suivre le rythme des courses sur piste…

 

Quels sont les objectifs que tu rêverais d’atteindre dans la saison qui vient ?

Actuellement nous essayons de monter une équipe Renard Inline pour les marathons de la WIC. Participer à de telles courses me fait vraiment envie et me permettrai d'acquérir une plus grande expérience. Ce que j’aimerais pour l’année prochaine, c’est de participer à un maximum de courses afin de m’habituer au rythme des Elites sur piste comme sur route.

 

Mais cela commence par une petite coupure hivernale sans doute…
Ayant fait un mois de coupure cet été, je préfère juste ralentir un peu le rythme pendant deux à trois semaines, puis reprendre dur avec un travail de fond tout l'hiver. Par ailleurs, cette année, j'ai la chance d'avoir un entraîneur (Alain Pointard pour le nommer) qui va me faire travailler le fond quatre fois par semaines, et un autre entraîneur (Cédric Fleury) qui va me faire travailler la vitesse et la technique deux fois par semaine. C'est vrai que cela demande du temps et que je dois réussir à caser ces entraînements dans la semaine en plus de mes heures de cours. C’est aussi pour cela que j'ai choisi cette année de suivre un DUT Mesures Physiques en alternance plutôt qu'une classe prépa : j’aurai plus de temps pour bien me préparer…

 
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Jean-Bernard (au centre) et ses coéquipiers Benjamin Douchin et Nicolas Duval,
médaillés de bronze au France piste


Palmarès 2007 :

 

-         Vainqueur de la FIC catégorie Junior

-         Champion de France du 5 km contre la montre à Damgan

-         Champion de France du 10000m à points à Niort

-         Champion de France du 20000m à élimination à Niort

-         Champion de France du 5000m à points à Pibrac

-         Champion de France du 10000m à élimination à Pibrac

-         2ième du Trophée des Trois Pistes

-         2ième au 50km (Damgan)

-         2ième du 1000m à Niort

-         3ième à l'américaine à Pibrac

Publié dans Interviews

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